• Valérie Gillet

La freelance démystifiée : être mercenaire, ce n’est pas toujours joli-joli et c'est tant mieux

Mis à jour : juil. 23

Être indépendant·e, ce n’est pas tous les jours facile. Outre l’aspect financier, c’est souvent tâtonner, toujours douter, et surtout, c’est une éternelle tourmente entre notre nous pragmatique et raisonnable et notre démon éparpillé et bordélique. Or, ce bouleversement permanent, je le retrouve rarement dans les innombrables blogs et autres comptes Instagram d'entrepreneur·euse·s


En bonne professionnelle procrastineuse, j’espionne… euh je suis pas mal de collègues des métiers rédactionnels et de gestion sur les réseaux sociaux. Bon nombre d’entre elleux donnent une image très lisse et structurée de leur vie professionnelle et personnelle.


Pourtant, je suis persuadée que nous sommes tous et toutes logé·e·s à la même enseigne : celle d’êtres humains faillibles avec de vrais problèmes domestiques et une vie imparfaite, et surtout une fâcheuse tendance à travailler en survêtement troué en écoutant les tubes du rock grunge des années 90 (ça sent le vécu).


Alors, si nous sommes, dans la sphère du travail créatif indépendant à domicile, soumis·e·s aux mêmes contraintes et aux mêmes tentations irrésistibles, pourquoi faire semblant qu’il n’en est rien ? Pourquoi prétendre sur les réseaux sociaux qu’un freelance peut tout à fait travailler de 9h à 17h, pimpé comme un cador ou contourée comme une YouTubeuse, dans un environnement aseptisé, sans poils de chat, aboiements de chien, bébés qui ont 38,6 et que la crèche ne veut pas accepter, enfants qui vomissent à 5h52 du matin ou qui entonnent à tue-tête le dernier « tube » de Ninho alors qu’on essaie péniblement de traduire ce rapport de 25 000 mots ?


Pourquoi cette vaine tentative moderne de faire des travailleur·euse·s indépendant·e·s des faux·sses employé·e·s (groooos effort d'inclusivité sur cette phrase :-)) ? À quoi bon cet effort très schizophrène pour s’imposer de bosser dans des conditions comparables à celles de nos homologues salarié·e·s, qui dans le fond aspirent à télétravailler en pyjama et chaussettes de ski au lieu de devoir changer de sous-vêtements et se doucher quotidiennement pour aller gagner leur croûte ?


Être freelance, ce n'est pas travailler comme tout le monde. C’est jongler avec des poignards enflammés (légère exagération) pour s'efforcer à être plus productif·ve qu’un·e· employé·e tout en gérant un planning où sphères professionnelle et privée flirtent sans cesse (ou se roulent carrément de grosses pelles).


Et ça, ce n’est nullement une tare, mais au contraire une grande force.


Il est temps que le multitasking hors normes et hors-piste et la gestion du chaos organisé reviennent à la mode. Car après tout, la perfection est aussi vaine qu’ennuyeuse.


Chez Tip of the Tongue, on ne vous fera pas croire qu’on fait du coworking avenue Louise alors qu’on révise une traduction le dimanche à 3h32 du matin sous la couette, dans une tenue digne de The Big Lebowski. Mais on fait le taf. Et bien en plus.


Au plaisir de vous faire sourire… (et oui, ce sont mes vraies jambes sur la photo... ;-))


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